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L'homme de Tollund

 

  

Les sacrifices humains des peuples des Marais :

Au centre de Jutland, au Danemark, la découverte, au milieu du XX siècle, d’un corps momifié depuis au moins 2000 ans relance l’intérêt pour les mystérieux Peuples des Marais, une civilisation établie dans la région des tourbières de l’Europe du Nord-Ouest.

Si l’homme de Tollund reste le plus célèbre et le mieux conservé des morts retrouvés dans la tourbe, le Danemark n’est pas le seul pays concerné par ce genre de découverte. D’autres corps ont été trouvés dans des conditions similaires en Allemagne, en Hollande, en Grande-Bretagne et en Irlande. Les datations donnent une estimation allant de 300 avant notre ère à 500 avant notre ère, c’est-à-dire en plein âge du fer.

Le cadavre de Tollund Fen :

En mai 1950, des paysans danois découpent dans un marais des blocs de tourbe, combustible traditionnel de la région. Ils dégagent subitement un corps nu, brun foncé, recroquevillé sur lui-même et ne portant pour tout vêtement qu’un bonnet de cuir et une ceinture. Le cadavre est si bien conservé que ses découvreurs pensent d’abord avoir affaire à la victime d’un meurtre récent. Ils avertissent la police. Celle-ci, plus perspicace, prend contact avec le musée de Silkeborg, situé à une dizaine de kilomètres de là, car le cas n’est pas isolé. L’affaire est confiée au Pr Peter Glob, spécialiste des Peuples des Marais.

Le cadavre de l’homme retrouvé dans la tourbière de Tollund Fen est couché sur le côté. Une bonne partie de la peau de ses membres a disparu, laissant les os apparents, mais les pieds sont presque intacts. L’expression du visage, très bien conservé, est paisible, comme si la victime avait attendu tranquillement la mort. Ce qui entre en contradiction avec un cou cisaillé en partie par la cordelette qui a servi à l’étrangler…

Des tourbières fort peuplées :

Les tourbières de L’Europe du Nord renferment quantité de cadavres du même genre. En 1986, 215 sont recensés en Allemagne, 166 au Danemark, 77 en Grande-Bretagne et en Irlande et 66 en Hollande. Mais la plupart des corps sont très abîmés, incomplets ou malheureusement réduits à des sortes de sacs de peau tannée par l’acide et la tourbe.

Au Moyen-Age, et encore par la suite, ceux qui les exhument croient que le diable est derrière ces morts étranges : ils s’empressent souvent de remettre leurs trouvailles là où ils les ont découvertes ou les enterrent dans leurs cimetières. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre Mondiale qu’on comprend qu’il s’agit de restes d’une grande importance historique. La plupart des corps convenablement conservés ont été d’ailleurs retrouvés depuis. Ainsi, c’est en 1952 que l’on met au jour l’homme de Grauballe (à 17 km à l’est de Tollund ), l’autre mort des tourbières le plus célèbre, avec l’homme de Lindow, découvert en 1984 dans la région de Liverpool, en Grande-Bretagne, remarquablement conservé mais malheureusement en partie détruit lors de son extraction accidentelle.

 

                                                                                                                                                                                                            Homme de Lindow =>

 

Qui a tué l’homme de Tollund ?

Le mort énigmatique de la tourbière a-t-il été assassiné ou sacrifié à un dieu inconnu ? Les archéologues penchent pour la seconde solution. D’abord, parce que l’abandon dans un marais n’est pas un mode habituel de sépulture. Ensuite, à cause des traces mises en évidence sur les corps. L’homme de Tollund porte une marque de strangulation, comme celui de Lindow. Le cadavre de Grauballe, lui, a la gorge tranchée.

D’autres, celle d’une adolescente retrouvée dans le Schleswig, en Allemagne du Nord, ou une vieille femme, au Jutland, ont visiblement été enfouis vivants dans la tourbe. Plus généralement, diverses blessures et fractures sont constatées sur les cadavres, preuve que la mort est le résultat d’un rituel marqué par la violence. On a pu remarqué aussi que les victimes de Grauballe et de Lindow, par exemple, n’ont pas de mains de travailleurs manuels, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’esclaves. Enfin, l’estomac des morts de Tollund et de Grauballe ne contient aucune plante estivale ni automnale. On peut donc supposer que ces d’hommes, comme probablement leurs compagnons d’infortune, ont été sacrifiés en hiver à une divinité de la fertilité, dans l’espoir d’assurer le meilleur printemps possible. Tacite, au début du II siècle de notre ère, parle d’ailleurs d’un culte rendu par les tribus nordiques à Nerthus, la Terre-Mère. Les fêtes célébrées en son honneur se termine par la noyade forcée, dans un lac, des esclaves qui ont participé aux rites en l’honneur de la déesse. On peut imaginer que cette tradition s’est perpétuée durablement, légèrement modifiée cependant, dans les régions marécageuses dépourvues de vrais lacs, et que les victimes ont été jetées dans les tourbières en formation, qui les ont conservées jusqu’à notre époque.

 

 

 

 

 

 

 

 Editeur : Ophélie

D'après Les Grandes Enigmes

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